Patrimoine industriel et savoir-faire artisanal. Un regard intime sur les gestes, les matières et la lumière de la manufacture.
Ma découverte de la Faïencerie de Gien commence par une commande : photographier les process de fabrication. Très vite, le sujet s'impose autrement. Ce qui m'intéresse, ce sont les mains, les gestes, la précision silencieuse des femmes et des hommes de l'usine. En resserrant le cadre au plus près de leurs savoir-faire, j'ai pu capter ce qui échappe souvent au regard : l'extraordinaire finesse et la maîtrise de ces artisan·es.









En 2022, je reviens à la Faïencerie avec une intention d'auteur : travailler les formes, les couleurs, tenter d'en tirer une matière plus abstraite. Ça ne vient pas. La rencontre avec les femmes et les hommes de l'usine me ramène là où je suis juste — dans le portrait, dans la lumière posée sur les gens.
Cette fois, j'élargis le cadre. Je compose avec les gestes et les regards, je défends cette série pleinement. Quelques portraits, trois ou quatre, tentent autre chose : des superpositions de matière sur les visages, une recherche plus expérimentale. Ceux-là, je ne les considère pas encore aboutis. Mais il me semble honnête de les montrer ici — comme une piste ouverte, un travail qui cherche encore. Peut-être qu'ils disparaîtront un jour de cette page.










Fin 2024, avec l'écrivaine et peintre Lenka Horňáková-Civade — prix Renaudot des lycéens pour Giboulées de soleil — nous décidons de nous enfermer une nuit dans la Faïencerie. Chacun·e avec son médium : moi les images, elle les mots, nourri·es par l'ambiance et les lieux.
L'idée était d'en faire un livre, mêlant mes photographies et les textes nés de cette expérience. Un ami de Lenka, réalisateur de documentaires et de fictions, d'origine tchèque, a été séduit par le projet et souhaitait en tirer un film. Le film n'a pas vu le jour — mais le projet de livre, lui, est bien vivant. Il est aujourd'hui entre les mains d'un éditeur, en réflexion. Les images, elles, sont là.















